La danse de Damiano Foà et Laura Simi

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Dérangement /désordre

mercredi 24 février 2021, par Damiano

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Création 2021/22

Conception et création Damiano Foà

Interprètes Damiano Foà, Perig Villerbu et Xavier Lazarini

Musiques Perig Villerbu

Lumières Xavier Lazarini

Costumes Laura Simi

Promotion Marco Villari

Production Compagnie Silenda
Co-production et soutiens en cours de montage Chorège - CDCN Falaise Normandie / Programme « Culture-Santé » (FR), 2Angles Flers (prêt de plateau)...

Silenda est soutenue par la Région Normandie, la Ville de Caen, L’Agence régionale de santé de Normandie.

Note d’intention
Beaucoup de facteurs semblent aujourd’hui diviser de plus en plus la société,́ séparer les individus, en empêcher la rencontre humaine. Pollutions sonore et lumineuse, omniprésence des écrans numériques (du téléphone aux écrans d’ordinateur), multiplications des réseaux sociaux et sites soi- disant de « rencontre », pour ne pas parler plus généralement des égoïsmes idéologiques et altéro- phobies en tout genre, participent tous d’une déconstruction sociale « sans contact », virtuelle, lisse, inhumaine, qui, au final, ne rend plus possible la confrontation critique, la remise en question, le risque de la prise de parole et de l’écoute, la présence réelle au monde des hommes entre eux, la possibilité́ d’un véritable partage.
Aujourd’hui, pour lutter contre cette tendance de la division, du « brouhaha », typique entre autre de toute forme de totalitarismes (« Divide et impera ! »), on semble démunis et impuissants, tant est l’ampleur d’un mouvement global auquel tout un chacun, bien gré́ ou malgré́ lui, participe.
La scène du spectacle vivant, espace utopique par excellence, peut néanmoins soulever/re-soulever la question, justement, du « vivant », la réveiller et la reposer sans cesse. On le sait, le but n’est jamais d’offrir sur un plateau des réponses toutes faites, mais de savoir tout au moins rester éveillé et donc de réactualiser des questions qui restent encore sans réponse.
Rappelant le risque de la rencontre sociale, au sens large du terme (car jouer devant un public et, d’autre part, assister à un jeu scénique vivant, comporte toujours une démarche engagée, une volonté,́ un désir de l’autre, que l’on soit ou pas sur scène), il s’agira dans ce spectacle de prendre plus particulièrement le risque d’un « commun » possible, d’une scène commune probable. Le danseur deviendra musicien, le musicien danseur, et l’éclairagiste, au lieu de se retrancher dans sa régie, sera sur scène avec eux. Il s’agira en effet de partager le même espace, de se mettre dans la peau de l’autre, de créer des zones de frottement, d’ignorance et d’opposition, de remise en cause d’un ordre de taches préétabli, de repenser un « milieu » possible...
Ce spectacle voudra revaloriser la différence, la fragilité,́ les vides et les silences, les noirs et les éclatements, tout ce qui, au-delà̀ d’un premier stade critique de « dérangement » qui se pourrait créer entre les êtres, tendrait à les lier dans un corps scénique et social unique. Ça sera peut-être ce qui ne nous ressemblera pas, au final, qui nous rassemblera...
Ettore Labbate et Damiano Foà

C’est une idée
Ou plutôt.
Une idée qui serait aussi un endroit et un moment.
La zone grise, le no man’s land, le temps de l’incertitude, du raté, de l’essai.
L’endroit dangereux, où il y’a nécessité à être.
Intimement, publiquement, politiquement. L’endroit, le moment, qui ne devrait pas exister.
Alors qu’au contraire !
Ce n’est ni positif, ni négatif.
C’est un entre-deux, une faille.
C’est, pour moi, faire ce que je ne sais pas faire.
Danser.
Parce que pourquoi pas ?
Ne pas suivre mes habitudes musicales. Plonger dans la saleté, l’imparfait
Faire voler la poussière.
Perig Villerbu